
Le territoire de Kabambare, situé dans la Province du Maniema en République démocratique du Congo, traverse une crise multidimensionnelle profonde. Avec une superficie d’environ 19 000 km² comparable à celle d’un petit Pays, Kabambare apparaît aujourd’hui comme un Territoire enclavé, marginalisé et livré à une exploitation intense de ses ressources naturelles, sans retombées visibles pour sa population.
C’est l’alerte lancée par le coordonnateur national du Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (BIDH), Crispin Muyololo Ndariloko, qui dénonce une situation devenue insoutenable.
Une exploitation minière massive aux conséquences dramatiques
Depuis 2014, selon les dénonciations, le Territoire fait face à une exploitation minière industrielle à grande échelle, particulièrement dans les secteurs de Babuyu et de Kabambare-Bahombo. Les affluents des rivières Lwama, Lulindi et Lwika sont aujourd’hui profondément dégradés.
L’extraction quotidienne d’or sous forme de lingots se ferait au profit d’intérêts extérieurs, alors que la population locale manque des services sociaux les plus élémentaires : routes impraticables, hôpitaux sous-équipés, absence d’eau potable, centres de santé sans médecins, écoles délabrées.
La biodiversité des cours d’eau est en déclin, l’eau autrefois consommée par les habitants n’est plus potable, et l’environnement est gravement impacté.
Des richesses exportées, une population abandonnée.
Plus de quinze sociétés minières opéreraient dans le Territoire, certaines sans représentation officielle au chef-lieu provincial de Kindu. Des minerais seraient exportés sans mécanismes transparents de traçabilité ou de redevabilité locale.
Parallèlement, l’exploitation forestière s’intensifie : abattage massif d’arbres, transport de planches et de poutres vers des destinations inconnues, accumulation de bois dans les savanes en attente d’exportation vers les pays voisins.
Cette situation soulève une question fondamentale : à qui profitent réellement les richesses de Kabambare ?
Silence politique et absence d’infrastructures.
Le coordonnateur du BIDH dénonce également le silence des élus provinciaux et nationaux originaires de Kabambare. Malgré le potentiel économique du Territoire historiquement l’un des premiers en termes d’entrées touristiques en RDC aucun investissement structurant n’est visible.
L’argument sécuritaire est souvent évoqué lorsqu’il s’agit d’implanter des infrastructures. Pourtant, lorsqu’il est question d’exploitation minière, les activités se poursuivent sans entrave.
Si des cahiers des charges existaient et étaient respectés, Kabambare pourrait aujourd’hui bénéficier :
de routes modernes,
d’hôpitaux fonctionnels,
de réseaux d’eau potable,
d’écoles construites et équipées,
d’une REGIDESO opérationnelle.
Un appel à la responsabilité collective.
Face à cette situation, Crispin Muyololo Ndariloko appelle les filles et fils de Kabambare ainsi que les autorités nationales et provinciales à assumer leurs responsabilités. Il plaide pour une mobilisation pacifique afin de défendre les droits de la population et exiger une exploitation responsable, transparente et bénéfique pour le développement local.
L’environnement saigne.
La population souffre.
Les richesses partent.
Kabambare ne peut rester un territoire exploité sans être développé.
Le développement équitable n’est pas un privilège : c’est un droit.
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Kaponda Médard Théophile, Rédacteur Malaikainfos ✍️
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