
J’arrive en Afrique le 10 janvier 1974. Je repars d’Afrique le 7 septembre 2026.
Cinquante-deux ans en Afrique… Il n’est pas facile de raconter 52 années de vie avec des frères africains, congolais, burundais, tchadiens.
Je suis parti d’Afrique avec le mal d’Afrique dans le cœur, avec le souvenir ému de tant de visages de frères. Comme le suggère Emmanuel Levinas, j’ai fait l’expérience joyeuse de l’épiphanie du visage de tant de frères africains.
Mwenga
J’arrive à Mwenga, au Sud-Kivu, le 10 janvier 1974. À Mwenga, je commence à balbutier le swahili, aidé par le Père Rolando Trevisan.
Chargé des vocations dans la paroisse de Mwenga, je lance mon premier message aux jeunes qui se sentent appelés à la vocation. Ils étaient plus de 70. Un jeune Congolais, Gaetano Lupupu, m’aide à traduire le message en swahili.
Après un bref séjour à Mwenga, l’évêque savérien Catarzi m’envoie au Centre catéchétique de Kavimvira pour aider le Père Carlo Catellani au CDPCL (Centre Diocésain de Pastorale, Catéchèse et Liturgie).
À Kavimvira, nous visitons toutes les chorales du diocèse afin de recueillir des chants. Ce travail aboutit à l’impression du livret TUIMBE HABARI NJEMA, avec la collaboration d’un jeune Congolais très compétent, Nchiko Buhendwa.
Ensuite, en collaboration avec le Centre Catéchétique Interdiocésain de Bukavu, nous préparons quatre livrets de catéchèse pour la préparation au baptême des catéchumènes : WAITWAO, WAAMINI, WAFUASI, WATEULE.
Nous poursuivons le travail pour la préparation à la Première Communion avec deux petits livrets : MUNGU BABA YETU et YESU NDUGU YETU MKUBWA.
Pour la Confirmation, nous préparons : TAIFA TEULE LA MUNGU NA UJALIWE ROHO MTAKATIFU.
L’expérience pastorale à Kasongo (Ngene)
Je suis responsable de la Communauté savérienne et de la paroisse de Ngene.
Je fais l’expérience du choc entre une pastorale traditionnelle, fondée sur le « devoir faire », et une pastorale de la bonne volonté et de la gratuité.
Une tempête se déchaîne dans la communauté. Je n’arrive plus à gouverner la petite barque. Alors je me tourne vers Jésus et je lui dis, comme à un ami :
« Entre, toi aussi, dans la barque. Moi, je descends. Prends, toi, le gouvernail. »
Maître des novices
Changement de scène.
Après une période de repos et de réflexion, mes frères me redonnent leur confiance en me confiant la responsabilité de Maître des novices.
Pendant sept ans, de 2006 à 2013, j’ai pu vivre une fraternité joyeuse au Noviciat de Kinshasa.
J’ai accompagné et aimé 53 jeunes frères. Certains sont devenus savériens, d’autres ont pris d’autres chemins.
Chaque année, nous partions en pèlerinage à Mangengenge, cette montagne lumineuse qui se dresse en face de l’aéroport de Kinshasa.
Cette montagne est devenue, dans le silence, le témoin de la consécration religieuse à Jésus de Nazareth, pour la mission, de ces 53 jeunes.
À Kindu
De 2013 à 2023, je me retrouve à Kindu, dans notre centre « Cité des jeunes ».
Après une période de soins et de repos à Parme, j’arrive à Goma le 9 février 2020, puis à Kindu le 10 février.
Dix jours seulement après, commence la tempête du coronavirus, qui crée la panique un peu partout.
Heureusement, je l’ai échappé belle ! Protégé comme je l’étais par la bonté miséricordieuse de Dieu, le coronavirus ne m’a pas attrapé.
De nouveau à Kinshasa
De 2023 à 2026, je me retrouve à Kinshasa comme animateur spirituel de nos jeunes théologiens.
Je revois avec émotion leurs beaux visages :
Eliasi, Ozias, Honoré, Ernest, Arkade, Burundais ;
Gloire, Stanislas, Didier, Justin…, Congolais ;
Joël Ewabo, Camerounais.
Après 52 années passées en Afrique, je repars avec le cœur rempli de visages, de rencontres, de fraternité et de souvenirs.
Je pars, mais l’Afrique ne part pas de mon cœur.
Adieu, sœur Afrique.
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